« La grâce salvatrice -Galates 4. 22-26 »

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 « La grâce salvatrice -Galates 4. 22-26  »

  

Paul débute de manière assez abrupte cette nouvelle section (4.21-31). Continuant son raisonnement sur la Loi, il s'adresse à ses lecteurs encore « sous la Loi » (v. 21). A savoir ceux qui veulent se soumettre à l'esclavage des prescriptions juives, oubliant Galates 4.4-5. Paul puise ses arguments dans l'histoire d'Ismaël et Isaac. Il montre que Dieu définit, à chaque étape de l'histoire du salut, les termes du contrat qu'Il passe avec tout individu désireux de vivre éternellement.

Deux enfants, deux contrats :

 

Paul donne aux lecteurs une clé de lecture au v. 24, en parlant d'allégorie. Le premier enfant sans nom, correspond, selon Paul, à une alliance désuète dont l'objectif, au vu de la grâce en Jésus-Christ, est de garder les êtres humains dans la servitude. L'expression selon la chair (v.23, 29) renvoie chez Paul à tous ces mécanismes qui amènent l'être humain à pécher. Il s'agit là d'un être enclin à pécher et incapable de s'en sortir seul (3. 22 ; Romains 3.24, 7.23-24). Le deuxième enfant, Isaac, lui, est né suite à la promesse (v. 23). Thème développé dans Galates 3.16, 29. Il est associé ici à la naissance selon l'esprit, qui trouve son sens grâce à Jean 3.3-7 et secondairement à la naissance miraculeuse d'Isaac (Genèse 18.14, 21.1-2). Ainsi, ce qui différencie ces deux alliances, c'est la présence du Saint Esprit.

 

Nouvelle alliance, nouvelle vie dans l'Esprit

Cette puissance divine est capable de changer radicalement la vie du croyant. En effet, l'Esprit Saint coopère avec chacun afin qu'il/elle prenne conscience, à son rythme de sa liberté (Jean 8.30-58) et de sa filiation avec Dieu (Galates 4.4-7, Romains 8.15-17). Ephésiens 2.8-9 résume les termes de cette nouvelle alliance : 1) une foi placée en Christ -tout comme cela fut le cas pour Abraham en Dieu (Galates 3.9, 26-27), 2) une grâce saisie comme une opportunité offerte gratuitement par Dieu (Jean 3.16) -rejoignant la grossesse offerte à Sara alors stérile à l'époque (Genèse 18.10-14, 21.1-2).

 

Ancienne alliance versus nouvelle alliance

 

Enfin, Paul insiste sur les effets de l'ancienne alliance devenue caduque. Les termes Mont Sinaï et Jérusalem de maintenant (v. 25) rendent facilement identifiables ces symboles : le peuple juif ou/et les chrétiens judaïsant. En effet, la notion de Loi est abordée indirectement ici pour rappeler les arguments largement développés dans Galates 2.21 et 3.21-24. Le chrétien qui croit en Jésus ne pratique plus la Loi pour obtenir le salut puisqu'il l'obtient par pure grâce de Dieu. La Jérusalem d'en haut (v. 26) est aussi là pour rappeler la finalité de la foi en Christ (Ephésiens 1.3-14). A savoir l'espérance placée dans un royaume descendant du ciel sur la terre régénérée (Apocalypse 21.1-4). Fort de ces images, Paul conclut avec : 1) Esaïe 54.1, comparant la nouvelle alliance à une source féconde qui amène la VRAIE Vie (Jean 10.10b) et ne rend pas oisif (Matthieu 13.23, Galates 5. 22). 2) Genèse 21.10, qui invite à focaliser notre attention sur l'aide offerte par Dieu à travers Jésus-Christ, plutôt que de compter sur notre capacité à observer des prescriptions.

 

Abraham attendu 25 ans l'arrivée d'Isaac, l'enfant de la promesse faite par Dieu. Ismaël, lui, naquit parce que le désir d'enfant du couple était trop fort. Naissance qui posa problème par la suite. Et, nous, que faisons-nous alors que nous attendons la réalisation de toutes les promesses de Dieu ?