A Very Happy End loooL -Daniel 12

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Le livre de Daniel nous avait habitué à un 'peuple saint'1 opprimé à l'extrême2. Ici, le récit se focalise sur sa délivrance3. La justice lui est enfin rendue. L'installation du règne de Dieu est là. Toutefois, le mystère demeure sur le 'quand' tout cela arrive4. Un signe est néanmoins donné. Durant l'attente qui précède l'installation du royaume éternel, surgira un temps de détresse5.

 

 

 

 

Une attente à passer, 12. 1,

 

Nous connaissons ces expressions : 'l'espoir fait vivre' ou encore, 'mieux vaut souffrir que mourir'. La force de supporter les différentes difficultés rencontrées dépend donc de l'espérance qui nous anime. Ici, la victoire du 'peuple saint' est complète –Daniel 12. 1-2, 7. La résurrection et la justice sont données comme gages que la souffrance endurée ou même la mort, ne sera pas vaine –Daniel 12. 1-3, 7. Ici encore le même personnage, Mikaël, se tient en toile de fond, 'veillant' et 'combattant' aussi bien auprès des êtres célestes que pour des êtres humains impuissants –Daniel 10. 13 ; 12. 1, 7. De plus, les trois périodes6 clés sont ici répétées, comme des balises qui réconfortent.

 

 

 

Un jugement, 7 ; 8. 3, 13-14 ; 12. 1c7,

 

Durant ce temps d'attente, selon le chapitre 7, se déroule un jugement qui 'se situe chronologiquement avant la Parousie et non pendant et après.'8. L'information est développée au chapitre 8, sous la forme d'une purification9 suivi d'un temps de création10. Ainsi, dans ce livre 'le jugement est un événement unique et universel qui marque la dernière étape de l'histoire humaine.'11 Ici, la 'mention de livres [Daniel 7. 10 ; 12. 1c] dans le contexte de la cour divine est donc là aussi significative du jugement. La fonction du livre consiste essentiellement en effet à conserver le passé pour servir de témoin dans l'instruction du jugement (Exode 13 : 9 ; 17 :14).'12

 

 

Un royaume éternel, 2. 34-35, 44-45 ; 7. 13-14 ; 12. 1-3, 7

Selon le chapitre 7, une fois le jugement fait et le verdict donné, le royaume de Dieu s'installera définitivement –Daniel 2. 34-35, 44-45, 7. 10-14 ; 12. 1c-3 ; Apocalypse 20. Aucun détail ne nous permet d'entrevoir à quoi ressemblera ce royaume éternel. Cependant, la libération suite à l'oppression sans précédent, suffit à l'espérer. C'est dans d'autres passages bibliques que des informations supplémentaires nous sont communiquées – Esaïe 65. 17-18, 21-23 ; 1 Corinthiens 2. 9 ; Apocalypse 21. 1-4.

 

 


 


 

 

 

 


 

Ce chapitre se termine encore sur une incompréhension de Daniel -12. 8. Pourquoi en arriver à un tel cri de détresse de certains terriens vers le ciel –Daniel 12. 7, pour que les choses changent radicalement ? Pourquoi est-ce un préalable nécessaire avant l'intervention salvatrice de Dieu ? C'est avec le livre de l'Apocalypse, que la réponse du ciel est clairement apportée, révélant ainsi les coulisses de l'histoire...

  

 

 

 

Notes pour aller plus loin:

 

1. Daniel 12. 7.

 

2. Daniel 7. 21-22 ; 8. 12-14, 24-25 ; 12. 1, 7... 'A travers la référence à l'armée et à tout ce qui s'y rattache (fit tomber, foulée), on devine une allusion à ses persécutions contre les saints. « Jusques à quand ? » (ad matay ?). La question est familière au langage des Psaumes (6 : 4 ; 13 : 2 ; 94 : 3 ; etc.). C'est le cri de révolte de celui qui succombe sous l'oppression et la souffrance (62 : 4 ; 74 : 10 ; etc.). Au bout de ce soupir vient la délivrance. C'est le cri de l'espérance. » Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 181.

 

3. Daniel 12. 1-3.

 

4. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 263-267.

 

5. 'La dernière vision annonce des évènements qui se précipitent. La violence inouïe de cette dernière histoire s'entend déjà au premier verbe du chapitre. « Il se dresse » (amad). Ce mot hébreu décrit un mouvement de guerre. C'est l'acte du soldat qui surgit de l'ombre pour surprendre et terrasser l'ennemi. Il répond aux multiples amad agressifs des chefs iniques du chapitre 11 (vv. 2, 3, 4, 6-8, 11, 13-17, 20, 21, 25, 31), et c'est le dernier du genre. C'est le amad de la victoire finale et décisive. Il est suivi de son sujet Micaël, dont le nom résonne comme le cri de victoire d'Israël : « Qui est comme Dieu ! » A la victoire de Nebucadnetsar, chef de Babylone, du début du livre, répond à la fin la victoire de Micaël, chef de Jérusalem. La victoire est d'autant plus lumineuse qu'elle se profile sur un fond de détresse et de désespoir, une souffrance, nous dit le texte, « telle qu'il n'y en a point eu depuis que les nations existent » (v. 1). On ne connaît pas la nature de ce malaise qui tourmentera les derniers rescapés de l'histoire humain. Aucun précédent ne nous permet d'en avoir une idée. Pourtant cette expression n'est pas unique [...] (cf. Esaïe 33 : 2 ; Jérémie 14 : 8 ; 15 : 11 ; 30 : 7 ; Psaume 37 : 39). [...] Dans le Nouveau Testament, Jésus tient le même discours [...] (Matthieu 24 : 15 [...,] 21.) » [...] Il n'y a plus rien sur quoi accrocher les yeux pour fonder la foi. Pendant un moment, on a l'impression d'avoir été abandonné. Dieu semble avoir été vaincu. Il a disparu de la scène. L'histoire semble donner raison aux forces aveugles d'en bas. On a assisté impuissants à la victoire totale du roi du Mal. C'est le moment où l'on se dit « à quoi bon ? » et où l'on doute : « Peut-être ont-ils raison », le moment de la souffrance et de l'isolement, de la tentation de rejoindre la foule. Il faut dire par ailleurs que les temps sont propices à ce grand rassemblement. C'est un temps de crise. Les hommes et femmes ne savent plus à quel saint se vouer. L'horizon est bouché. Le ciel est vide. Il n'y a plus rien à espérer. « un temps de détresse ». Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 258-260.

 

6. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 263-267.

 

7. Un parallèle entre le chapitre 7 et 12 est développé par Doukhan : 'C1 (v. 1a), qui décrit la venue du grand chef céleste Micaël, correspond dans le chapitre 7 à C (vv. 13, 27, 28), qui décrit la venue du Fils de l'homme sur les nuées des cieux. Cette première section est introduite par l'expression stylistique « En ce temps-là » (v. 1a). B1 (vv. 1b-3), où des livres sont consultés et où la décision du jugement est prise pour séparer les bons des méchants, correspond dans le chapitre 7 à B (vv. 9, 10, 26), où la scène du jugement est décrites et où des livres sont ouverts. Cette deuxième section est introduite par une reprise de l'expression stylistique « En ce temps-là » (v. 1b). A1 (vv. 4-12), qui concerne la petite corne, correspond dans le chapitre 7 à A (vv. 8, 25), qui porte là aussi sur la petite corne. L'allusion à la petite corne passe à la fois par une référence aux chapitres 7 et 8. La référence au chapitre 7 se perçoit à travers la mention de la même période, « un temps, des temps et la moitié d'un temps » (12 : 7 ; cf. 7 : 25). La référence au chapitre 8 se perçoit à travers : 1) l'apparition du même être céleste qui pose la même question : « jusques à quand ? » (12 : 6 ; cf. 8 : 13) ; 2) les mêmes prodiges de la petite corne, pelaoth dans le chapitre 8 : 24 (traduit par « incroyables ravages ») et niplaoth dans le chapitre 12 : 6 (traduit par « prodiges ») ; 3) le même renversement du sacrifice perpétuel (12 : 11, 12 ; cf. 8 : 11, 13). Cette troisième section est introduite par l'expression stylistique « Et toi, Daniel » (v. 4). Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 258.

8. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 161.

 

9. 'Ce qui est appelé dans le chapitre 7 le jour du jugement est appelé dans le chapitre 8 le jour des expiations. C'est le même évènement décrit en termes différents. En fait, le jour des expiations était vécu en Israël comme l'actualisation du jugement dernier.' Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 182.

 

10. 'En ce qui nous concerne, Kippour signifie à la fois la conscience du jugement de Dieu et l'espérance de la création. D'une part la conscience du jugement de Dieu invite à s'arrêter pour repenser et reforger sa vie. La Bible appelle ce mouvement « la repentance ». au jour de Kippour, l'Israélite de la Bible devait « humilier son âme » (Lévitique 16 : 29, 31). La conviction de ce criblage en vue de la cité de Dieu oblige à la responsabilité. Car on ne se moque pas du Dieu qui suit tous les méandres de l'être et pèse toutes les actions (Psaume 139). Croire au jugement de Dieu ne signifie pas pour autant se frapper la poitrine à longueur de journée et, dans la gravité et la tristesse, se priver de tout. Bien au contraire, dit l'ecclésiaste : « Réjouis-toi [...] livre ton cœur à la joie, marche dans les voies de ton cœur, et « sache que pour tout cela Dieu t'appellera en jugement » (Ecclésiaste 12. 1). Le principe du jugement n'exclut pas la joie de vivre, seulement, il la mesure et l'oriente dans un sens qui la dépasse. D'autre part, la promesse de la recréation rend sérieuse l'espérance. Car c'est le changement réel qui s'annonce. Le vrai salut passe nécessairement par là. Je ne puis être sauvé seul et dans la condition actuelle. Pour ce faire, Dieu doit transformer le monde et moi-même. La conscience de cette nécessité a été inscrite dans la liturgie de Kippour, à travers une histoire dramatique qui se récite encore, et dont on ne comprend pas toujours la portée. » Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 187-188.

 

11. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 161.

 

12. Doukhan d'ajouter : 'Voilà pourquoi le prophète Malachie parle d'un « livre de souvenir » par rapport au jugement (Malachie 3 : 16-18). Placé dans cette perspective du « souvenir », l'évènement du jugement se révèle là aussi comme un acte de salut.' Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 166.

 

  

Christelle Laposte

 

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