Dieu au secours de son peuple... -Apocalypse 01

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Pour bien comprendre le livre de l'Apocalypse, il est nécessaire de connaître l'histoire des hébreux ainsi que les différents symboles qui s'y réfèrent1 . Lorsque Jean rédige ce livre au premier siècle, il est alors prisonnier à Patmos2. C'est Jésus qui lui donne les révélations qu'il a lui-même reçues de Dieu3. L'objectif du Christ étant, d'encourager les premiers chrétiens fortement persécutés et par ricochet les chrétiens de tout temps. 

 

 

 

 

Christ + Dieu = 1,

 

Ce qui frappe, c'est que le 'Jésus-glorifié'4 diffère du 'Jésus-terrien'. En effet, les expressions jusque-là attribuées à Dieu sont utilisées ici pour désigner le Christ5. Ainsi la description qui nous en est donnée, nous présente un ressuscité : divin6 , grand prêtre7et roi8. Tout ce qui est nécessaire pour lui permettre de légitimer l'arrivée d'humains dans le ciel9 , puis dans la nouvelle terre10 et donc dans la vie éternelle11. C'est là une source de réconfort pour les chrétiens de tout temps. Celui en qui, ils espèrent, manifeste ici sa toute-puissance12.

 

 

 

L'action du Christ enfin révélée,

 

La mise en scène choisie par le Christ, 'au milieu des chandeliers'13 démontre l'attention particulière apportée à chacune de ses églises. De ce fait, il prend aussi soin de chaque croyant. De plus, associer le nom 'Jésus' au 'Christ' renvoie non seulement au personnage historique qu'a connu Jean, mais également à un chargé de mission que Dieu envoya sur terre' 14. Ce dernier se révèle ici à Jean pour faire le point sur le chemin parcouru, et dévoiler les évènements à venir. D'ailleurs le nom même du livre renferme cette idée15.

 

 

Un peuple appelé à persévérer dans l'attente,

C'est à travers une béatitude, 'heureux...' –Apocalypse 1. 3, que s'ouvre ce livre. Au vu de l'initiateur de ce message, le Christ, l'espérance16 en est le maître mot –Apocalypse 1. 5-7, 18. Trois verbes17 sont utilisés : lire, écouter et observer ou garder. Ainsi, il est important de prendre connaissance du secret qui y est dévoilé18. La prophétie ici communiquée 'lève le voile' sur l'avenir, avec quelques flash-back dans le passé. Une information donc à partager19 avec d'autres. Le deuxième verbe dans le sens hébraïque20 renvoie au fait de 'comprendre' et d''obéir'. L'intelligence doit être sollicitée pour déchiffrer et, troisième verbe, mettre en pratique ce que l'on a compris21.

 

 

 

 

 


 


 

 

 

 


 

Le ton est donné dès les premières lignes de ce livre. Jésus-Christ ressuscité continue son œuvre après avoir remporté la victoire sur la mort –Apocalypse 1. 18. Ainsi, l'histoire relatée dans les évangiles est ici déplacée dans un cadre cosmique. L'enjeu étant de faire entrer ceux qui le souhaitent dans une vie éternelle pacifiée –Genèse 2. 16-17 ; Romains 5. 12-15 ; Apocalypse 1. 18, 21. 1-4.

  

 

 

 

Notes pour aller plus loin:

 

1. Entre autres, la structure « candéliforme » de ce livre. Voir : Jacques Doukhan – Le cri du ciel – Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 24-27.

 

2. Apocalypse 1. 9.

 

3. Apocalypse 1. 1.

 

 

 

4. Une expression utilisée ici pour désigner un Jésus qui met en avant ses attributs divins (Esaïe 53 ; Philippiens 2. 5-11).

 

5. Apocalypse 1. 8, 10-17.

 

6. Apocalypse 1. 1c, 6, 14-15. De même, l'expression Jésus-Christ renvoie à la nature divino-humaine du Christ –Apocalypse 1. 1, 2, 5.

 

7. Apocalypse 1. 13.

8. Apocalypse 1. 16.

 

9. Jean 1. 1, 14 ; Hébreux 1. 8, 2. 17, 4. 14-16.

 

10. Apocalypse 21. 1-4.

 

11. Apocalypse 20. 14 ; Jean 3. 16 ; 11. 25-26.

 

12. Apocalypse 1. 8, 17.

 

13. Apocalypse 1. 12-13. Ceci symbolise la réalisation de la promesse faite par le Christ lorsqu'il était encore sur terre –Matthieu 28. 20.

 

14. Christ signifie littéralement 'celui qui en oint' ou 'celui qui est envoyé'.

 

15. 'Dès le premier mot, « apocalypse [...] », nous sommes avertis qu'il s'agit d'un secret qui va être dévoilé. C'est le sens même du mot « apocalypse » qui vient du grec apocalupto (dévoiler les secrets).' Jacques Doukhan – Le cri du ciel – Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 20.

 

16. Jacques Doukhan – Le cri du ciel – Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 20.

 

17. 'Il est remarquable que seul le « lire » se conjugue au singulier : « celui qui lit » ; tandis que les deux autres verbes sont au pluriel : « ceux qui entendent », « ceux qui gardent ». La lecture n'est donc pas personnelle ou privée ; lue par une seule personne, elle doit être pourtant entendue et reçue par plusieurs, selon la pratique liturgique de la synagogue. C'est nous plonger tout de suite dans l'atmosphère sacrée de l'assemblée transportée dans l'exercice commun d'adoration. Ce livre doit donc se lire tout d'abord comme une liturgie avec tout ce que cela implique d'expérience émotionnelle et mystique, de poésie, de rythme, mais aussi de symbole et de leçons spirituelles. » Jacques Doukhan – Le cri du ciel – Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 21-22.

 

18. Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 21.

 

19. 'Il est remarquable que seul le « lire » se conjugue au singulier : « celui qui lit » ; tandis que les deux autres verbes sont au pluriel : « ceux qui entendent », « ceux qui gardent ». La lecture n'est donc pas personnelle ou privée ; lue par une seule personne, elle doit être pourtant entendue et reçue par plusieurs »'. Jacques Doukhan – Le cri du ciel – Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 21-22.

 

20. 'Derrière le mot « entendre » se devine toute la conception hébraïque de l'effort et la responsabilité de l'intelligence qui peine pour comprendre, en même temps que le devoir de passer à l'acte et de vivre ce qu'on a compris. Le Shéma Israel (Ecoute Israël) ne s'entend pas comme une douce mélodie qui berce et éveille des émotions plaisantes (voir Deutéronome 6. 4-9). En hébreu, le mot « entendre » (écouter, comprendre) signifie également « garder » et « obéir »'. Jacques Doukhan – Le cri du ciel – Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 22.

21. 'Derrière le mot « entendre » se devine toute la conception hébraïque de l'effort et la responsabilité de l'intelligence qui peine pour comprendre, en même temps que le devoir de passer à l'acte et de vivre ce qu'on a compris. [... Et] dans l'exigence de l'intelligence, on s'attend à la vie sous le contrôle de Dieu. Car ce qui détermine le choix et l'orientation, ce n'est pas l'opinion ou la vérité subjective, mais ce sont « les choses qui y sont écrites. C'est cette parole là, extérieure à soi, qui doit conduire la marche.' Jacques Doukhan – Le cri du ciel – Etude prophétique sur le livre de l'Apocalypse. p. 22.

 

 

  

Christelle Laposte

 

 

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