L'histoire continue... -Daniel 11

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L'ange Gabriel continue son explication1 en partant de la première année du roi Darius le Mède2 – Daniel 11. 1, pour la terminer avec la fin des temps3 –Daniel 11. 45b. Ici, une fois encore, les informations préalablement données (chapitres 2, 4, 7 à 10) sont développées. Néanmoins, le mystère demeure concernant la venue du royaume de Dieu. Ici, c'est autour d'une crise politico-religieuse que s'arrête le récit.

 

 

 

 

Une succession de royaume,

 

Comme auparavant, c'est une succession de royaumes terrestres qui est annoncée. Quatre rois Mèdes/Perses4 précèdent l'arrivée du royaume Grec5 –Daniel 11. 2-4 ; 8. 8. Toutefois, le nom du dernier empire n'est toujours pas donné6. Si nous suivons la logique historique, il s'agirait du royaume romain et ce qu'il en restera7. Gabriel poursuit sa révélation, en expliquant les grandes lignes d'un conflit entre un roi du Nord et celui du Sud8. Ces deux protagonistes ne sont utilisés que dans le but de dénoncer une guerre spirituelle9 et historique10. Ceci ayant pour but 'de préparer à ce temps de la fin'11. Car au-delà de la valse des royaumes, c'est bien un pouvoir politico-religieux qui s'installe12.

 

 

 

Des religions dépourvues de sens,

 

'A vrai dire, l'Eglise catholique romaine, qui peut être reconnue dans l'histoire comme la petite corne prédite par Daniel, n'est pas la seule à avoir succombé à la tentation politique. Le camp du roi du Nord regroupe avec elle tout pouvoir religieux qui, sous prétexte d'une référence à Dieu, exerce un pouvoir politique et défend l'institution d'en bas, dans le même oubli du royaume d'en haut. En fait, c'est toute une mentalité qui tombe sous l'accusation de la prophétie.'13 Doukhan ajoute que quand 'la paix israélo-arabe sera signée, nous saurons qu'Armaguédon est à interpréter sur le plan spirituel. Nous comprendrons que nous sommes tous impliqués dans cette histoire.' 14

 

 

Et nous, aujourd'hui !

Encore aujourd'hui, 'sous nos yeux, les évènements politiques rejoignent avec une précision étrange et inattendue les prédictions de la vision biblique. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité nous entendons parler du « nouvel ordre mondial ». Pour la première fois les chefs de gouvernement osent penser à un gouvernement d'unité de tous les pouvoirs. Il y a à peine quelques années, nul n'aurait pu imaginer de tels bouleversements.'15 De plus, du point de vue spirituel, beaucoup de croyants n'attendent plus le royaume de Dieu ou/et n'y croient plus. Ceci s'expliquant par le fait que l''idéal religieux vise à présent la cité sur la terre.'16

 

 

 

 

 


 


 

 

 

 


 

Pour Doukhan, 'l'intolérance (religieuse) prendra des proportions jamais atteintes car, pour la première fois, elle n'aura plus de frontières. Il n'y aura plus de ville refuge, plus de terrain neutre possible. Car pour la première fois, tout sera placé sous le contrôle du même pouvoir (politico-religieux). Alors, le salut ne pourra s'attendre que d'en haut.'17.

  

 

 

 

Notes pour aller plus loin:

 

1. 'Nous sommes dans la première année de Darius, en 538 av. J.C., une année fatidique, un temps fort d'espérance. Pour Daniel c'est l'année marquée par le miracle de la fosse aux lions, l'année de la visite de l'ange de l'Eternel qui le sauve de la mort (chap. 6). Mais pour lui, c'est aussi l'année du premier accomplissement de ses prophéties (chap. 2 et 7) : Babylone passe aux mains du nouveau royaume médo-perse.' Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 193.

 

2. La première année du règne de Darius correspond au 'moment où Daniel avait reçu la révélation du point de départ de la ligne prophétique (chap. 9). Et comme par hasard ( ?), le premier roi sur lequel la prophétie s'arrête dans une pause significative, est précisément le perse Artaxerxès, celui-là même qui avait marqué le départ des soixante-dix années et des 2300 soirs et matins'. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 236.

 

3. La période couverte par le conflit rapporté dans Daniel 11 : 5-45 est donc la même que celle couverte par la petite corne dan Daniel 7 et 8 et par les orteils dans Daniel 2. Ce rapport ressort particulièrement à la lumière du parallélisme entre les chapitres 8 et 11 [...]. La section concernant la petite corne dans le chapitre 8 vient en effet à la même place dans la séquence que celle des conflits Nord-Sud dans le chapitre 11 :

Chapitre 8                                                                                     Chapitre 11

 

Perse, vv. 3, 4                                                                               Perse, v. 2

 

Grèce, vv. 5-8                                                                               Grèce, vv. 3, 4

 

(Rome), vv. 8b, 9a                                                                        (Rome), v. 4b

 

petite corne, vv. 9-12                                                                    Conflit Nord-Sud, vv. 5-39

 

temps de la fin, vv. 13, 14, 17, 25                                                  temps de la fin, vv. 40-45'.

 

Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 239. Voir aussi les points communs entre la petite corne et le conflit entre le royaume du Nord et celui Sud que nous résumons ici : 1) 'un comportement agressif et usurpateur à l'encontre de Dieu' (11. 36, 37 / 8. 10, 11, 25) ; 2) 's'en prend au sanctuaire et au sacrifice perpétuel' (11. 31 / 8. 11-12) ; 3) 'attaque du peuple de Dieu' (11. 16, 28, 30, 41, 45 / 8. 9, 24) ; 4) 'viennent du Nord (11. 6, 8. 4) ; 'même destin' (11. 45, 8. 25, 2. 45). p. 239-240. De même, pour la signification spirituelle –p. 240-245 et historique p. 245-255.

 

 

4. '(Daniel 11 : 2.) Compte tenu du fait que ces quatre rois sont d'origine perse, et que nous sommes encore sous le règne de Cyrus (dont Darius est le corégent, voir plus haut), on peut déduire que les « trois rois » en question sont successivement Cambyse (529-521), Darius (521-485) [...], Xerxès, l'Assuérus d'Esther (485-465), et que le quatrième n'est autre qu'Artaxerxès (465-424). Cette interprétation est non seulement adoptée par la tradition juive [...] mais elle est également confirmée par l'histoire. Conformément au portrait de cette prophétie, Artaxerxès s'est en effet distingué comme un souverain d'une richesse considérable.' Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 236.

 

5. 'Après Artaxerxès, le roi auquel Gabriel fait allusion est plus facile à reconnaître. Le langage de l'ange aux versets 3 et 4 est le même que dans Daniel 8 : 8. [...] il s'agit donc du même roi Alexandre le Grand dont l'empire a été en effet partagé à sa mort entre ses quatre généraux, « aux quatre vents des cieux » (v. 4)' Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 237.

 

6. 'Comme dans le chapitre 8, le royaume de Rome est à peine suggéré ; comme dans le chapitre 8, l'étape suivante qui commence au verset 5 occupe la partie la plus importante et s'étend jusqu'au « temps de la fin » (v. 40)'. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 238.

 

7. 'Le royaume passe donc à une puissance qui vient après les quatre divisions de la période hellénistique. Cette nouvelle puissance doit être par conséquent identifiée à Rome.' Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 237.

8. Pour plus de détails : Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 238-255.

 

9. Doukhan conclut ainsi une longue démonstration : ‘La référence Nord/Sud doit donc être comprise de manière « spirituelle » avant le verset 40 et après. […] cette évolution en sept étapes, la septième étant le temps de la fin, vient encore renforcer le caractère spirituel de cette histoire, tout en impliquant cette fois-ci une progression chronologique. […] Par-dessous les parallélismes et les symboles, le texte signale une avance dans le temps et une histoire cachée qu’il importe de déchiffrer.’ Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 245.

 

10. ‘Selon cette prophétie, le conflit final s’articule en deux temps et débouche chaque fois sur un assaut contre le peuple de Dieu. […] Historiquement, cela signifie que l’église triomphera des mouvements politiques et athées, et dans la foulée poussera une brève incursion dans le champ du peuple de Dieu.’ Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 247.

 

11. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 247.

 

12. Concernant ce pouvoir politico-religieux : Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 149-160, 176-178.

 

13. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 252. Doukhan évoque aussi : ‘La même mentalité se reconnaît en terre d’Islam, où l’on met tout en œuvre pour établir un gouvernement islamique. […] Etre musulman aujourd’hui revient essentiellement à viser le pouvoir politique et à posséder la terre. […] Israël lui-même n’a pas manqué de tomber dans le même travers. […] On l’a découvert lors des dernières élections. On le devine derrière le programme d’occupation des terres. Le nationalisme israélien le plus exacerbé s’y nourrit. Le parti religieux est tout-puissant en Israël. Cela agace les jeunes sabras athées pourtant en majorité. Mais toute la politique d’Israël en dépend. […] c’est aussi la même chanson qui s’égrène aux mesures du « New Age ». L’homme est ici exalté comme un dieu qui s’ignore.’ p. 251-252.

 

14. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 253. Doukhan continue ainsi : 'il ne faut donc plus attendre la bataille d'Armaguédon en Israël. Armaguédon nous engage tous, car ce conflit se situe déjà sur le plan personnel. Il est l'affrontement de deux mentalités, de deux conceptions du bonheur et de la religion. D'un côté, c'est la référence à Dieu. C'est la foi dans la création et la conviction que l'homme ne s'accomplit et ne trouve son bonheur qu'en relation avec le Dieu d'en haut. C'est la grande et facile tentation de s'imaginer être à son origine, c'est l'illusion qu'on pourra bâtir le royaume et le bonheur de ses mains et de son génie. Le combat est aussi vieux que le monde. Il a commencé au jardin d'Eden au pied de l'arbre séducteur (Genèse 3) et s'est poursuivi à travers les âges. C'est le combat de tout homme. Il fait rage au moment du grand choix de sa conversion ; quand il faut prendre l'ultime décision qui engage pour la vie.' p. 254.

 

15. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 252.

 

16. Doukhan de préciser : 'Cette espérance, qui avait été autrefois reçue comme l'essence du christianisme [...] et qui vibrait dans le cœur des chrétiens, est assimilée aujourd'hui à des mythes naïfs et dépassés. En cela, l'Eglise chrétienne a rejoint les idéologies matérialistes et humanistes. [...] On ne parle plus du royaume de Dieu comme d'un évènement réel et objectif mais adroitement on en a converti la notion en termes élégants d'amour, de justice et de progrès. La foi est ainsi plus digestible. [...] l'Eglise est devenue une force politique avec laquelle il faut compter.' Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 250-251.

 

17. Jacques Doukhan – Le soupir de la terre – Etude prophétique du livre de Daniel. p. 255.

 

  

Christelle Laposte

 

 

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